Une petite histoire du néolibéralisme

par Christopher Pitchon
Département de philosophie

Préambule

On m’a demandé d’écrire un article sur l’histoire du néolibéralisme. Je ne prétends pas être spécialiste de la question. Loin de là. J’aimerais même, si je fais des erreurs ou si je prends des raccourcis maladroits, que le lecteur écrive à la Réplique pour me corriger.

J’afficherai aussi mes couleurs dès le début, par souci de transparence. Je ne suis pas d’accord avec les idées du néolibéralisme, peu importe sa forme. Je tenterai néanmoins de dégager son apparition et sa transformation le plus clairement et impartialement possible. Je m’appuierai d’ailleurs sur un certain nombre d’ouvrages. Ils seront tous cités en bibliographie, mais ceux qui ont le plus structuré ma compréhension du néolibéralisme et de son histoire sont sans doute The Shock Doctrine (La stratégie du choc) de Naomi Klein et Economix de Michael Goodwin. Mon histoire sera par ailleurs occidentalo-centriste, puisque je connais malheureusement mal l’histoire de l’Orient, proche ou lointain.

L’avant

Pour parler de la naissance du néolibéralisme, je dois aller aux États-Unis et remonter dans le temps, quelques décennies avant qu’il n’apparaisse dans l’univers intellectuel. Je dois remonter aux années 30, plus précisément au Krach de 1929 et la crise qui s’ensuit. Le Krach correspond à l’effondrement du marché boursier de New York du 24 au 29 octobre et il marquera le début de la Grande Dépression. Période sombre dont nous avons probablement tous entendu parler dans nos cours d’histoire. Jusqu’à cette époque, ce que nous appelons l’État-providence, c’est-à-dire un État qui assume certains risques sociaux pour ses citoyens : indigence, maladie, vieillesse, chômage, etc., n’existe à peu près pas. En fait, même en ce qui a trait aux lois du travail, il est peu présent. Et quand il l’est, il défend rarement les travailleurs et souvent les patrons[1]. Et suite à ce Krach, les travailleurs ont la vie dure. Ils sont sans emplois, certains survivent grâce aux organismes de charité (principalement religieux), plusieurs crèvent de faim. Arrive Franklin Delano Roosevelt (FDR) qui promet aux délégués, pendant sa nomination comme candidat pour les Démocrates, un « new deal for the American people »[2] (une nouvelle donne pour le peuple Américain). Ce New Deal, qui s’incarnera en 1933 par trois volets, les trois « r », relief (soulager), recovery (reprise) et reform (réforme) », sera inspiré en partie des idées d’un économiste britannique, un des plus importants économistes du 20e siècle et pourtant un individu méconnu : John Maynard Keynes[3]. Keynes avança l’idée dans ses travaux qu’en temps de récession, l’État devrait augmenter ses dépenses et intervenir dans l’économie, quitte à s’endetter pour le faire (et, à l’inverse, réduire ses dépenses quand l’économie roule à plein régime). Cette idée était, dans le paysage de l’économie de l’époque, des plus saugrenues. Il proposait ni plus ni moins ce que tous les autres économistes dénonçaient comme de la sottise, voire de la folie. Le gouvernement de Roosevelt offrit donc dans le New Deal, justement d’utiliser l’argent de l’État pour relancer l’économie (volet de reprise), donner du travail et de l’aide alimentaire (volet visant à soulager) et réformer la finance par des lois plus strictes (volet de réforme). Il refusa par contre l’endettement, proposant des budgets équilibrés.

Le New Deal aura un résultat modeste, mais il améliora les conditions de vie d’un grand nombre d’individus[4]. Malgré tout, la relance tardait à venir. Mais la Deuxième Guerre mondiale arriva et, avec elle, une relance économique sans précédent pour les États-Unis. Cette guerre annonça le début de la domination économique (et politique) américaine et le déclin des puissances européennes. Roosevelt proposa néanmoins, pour venir en aide à ses alliés, le Plan Marshall. Le plan proposera plusieurs mesures visant à aider l’Europe de l’Ouest (surtout l’Angleterre et la France) : interdiction aux Américains d’acheter des compagnies européennes (qui étaient vulnérables), annulation d’une partie importante de leur dette[5], etc. Je prends un raccourci ici : les pays européens appliqueront les idées de Keynes et s’endetteront[6] pour relancer l’économie, venir en aide aux citoyens et contrôler la finance pendant que le Plan Marshall protègera leur industrie et leur commerce de « prédateurs » américains. Pendant les années 50, 60 et 70, les idées de Keynes deviendront le nouveau paradigme, ce qui était autrefois folie devint la nouvelle norme. Même Nixon, sous la bannière républicaine, craignant de ne pas être réélu, proposera d’améliorer le filet social et c’est, selon plusieurs analystes, ce qui lui permit d’être élu.

Et le néolibéralisme fut

Mais cette nouvelle norme en irritait plusieurs. Ceux qu’on appellera les néolibéraux, aux États-Unis, sont ceux qui avaient encore une certaine amertume en pensant au New Deal et au tournant interventionniste qui a suivi en Amérique du Nord et en Europe. C’est à l’Université de Chicago, au département d’économie, qu’on en retrouve plusieurs. Le néolibéralisme, et c’est un peu antithétique puisque « néo » veut dire « nouveau », s’est présenté comme une volonté de revenir au capitalisme d’antan, avant que l’État ne se mette à intervenir comme il a commencé à le faire. Ils voulaient revenir à ce que disait, selon eux, Adam Smith : « laissez-faire ». « Laissez-faire » au sens de « laissez aller », n’intervenez pas. Et pour eux, ce discours devait s’adresser au gouvernement. Il prenait trop de place, avait trop de pouvoir. C’est probablement Hayek qui a lancé le bal et il sera suivi par plusieurs.

Friderich Hayek contacta plusieurs membres du département d’économie de l’Université de Chicago dans les années 40. Il fonda la société du Mont Pèlerin[7] en 1947 avec, entre autres, Milton Friedman. En 1950, il quittera la London School of Economics et il deviendra professeur à l’Université de Chicago; son salaire sera payé par une fondation privée américaine[8]. Mais je triture un peu l’histoire. Hayek n’a apparemment jamais revendiqué l’étiquette néolibérale. Il est néanmoins un personnage important dans l’histoire du néolibéralisme et il sera une grande influence pour son saint patron américain : Milton Friedman.

Pour comprendre un peu sa pensée, et ne pouvant faire moi-même mieux, je préfère citer un passage de ce résumé de la doctrine d’Hayek par Roger Rodin :

Pour [Hayek], la société humaine s’est lentement élaborée, par essais et erreurs, en dégageant peu à peu des « règles de juste conduite ». La société ne résulte pour lui ni d’un ordre purement naturel (c’est-à-dire indépendant de l’action humaine) ni d’un ordre purement artificiel (résultant directement de la volonté consciente des humains). Elle relève d’un ordre spontané, c’est à dire résultant de l’action humaine mais sans intention préconçue. Le développement de l’économie de marché au fil du temps a permis l’élargissement de la société au-delà de la horde, du clan, de la tribu : l’ordre de marché (qu’Hayek baptisera « catallaxie ») rend possible la conciliation de projets divergents (et pas uniquement dans le domaine économique). Cette élaboration progressive de la société humaine s’est accompagnée du dégagement de « règles de juste conduite ». Ces règles se ramènent pour Hayek à trois lois fondamentales : la stabilité des possessions (l’inviolabilité de la propriété) ; le transfert de propriétés par consentement (la liberté de contrat) ; l’accomplissement des promesses contenues dans les contrats (sous peine de la condamnation à dédommager autrui pour le tort causé).

Pour Hayek, il serait inacceptable et périlleux de vouloir substituer un autre système à l’ordre spontané du marché, car la connaissance que l’on peut avoir du fonctionnement des systèmes sociaux complexes est très limitée. Dans le domaine des sciences sociales, il est vain de tenter d’expliquer totalement les événements ou de vouloir les prédire. Il faut avoir la modestie de se contenter de contempler cette merveilleuse machine qu’est le marché tel qu’il s’est élaboré au fil des millénaires passés. Sachant que ce qui ne peut être pleinement compris ne peut être planifié, il serait très dangereux de vouloir substituer au marché un système autre (un système socialiste, par exemple). Ce serait jouer à l’apprenti sorcier. Cela risquerait de nous replonger dans la barbarie […] ou dans le totalitarisme (ou les deux à la fois).

Peut-on au moins infléchir cette économie de marché, en l’orientant vers des objectifs sociaux ? Non, mille fois non. Agir ainsi reviendrait à introduire un élément artificiel dans un édifice spontané. D’accord pour aider les plus démunis en leur garantissant un revenu minimum, mais, pour le reste, l’État ne peut s’en tenir qu’à des règles générales valant pour tous : il n’y a pas lieu de prendre des mesures visant à re-répartir les fortunes sur des bases moins inégalitaires. Et même si une majorité démocratique décidait de prélever une part de la fortune des plus riches en vue d’en faire bénéficier les plus pauvres, cela ne pourrait être admis. Il faut s’en tenir aux règles de juste conduite et aux règles complémentaires valant pour tout le monde. Accepter que la souveraineté populaire contrevienne à cela reviendrait à entériner la « tyrannie de la majorité » – la majorité des pauvres et des classes moyennes sur la minorité des riches –, ce serait une « démocratie illimitée » susceptible de dégénérer en « démocratie totalitaire ». C’est dans cette optique que Hayek déclarera, parlant du Chili de Pinochet : « Ma préférence personnelle va à une dictature libérale et non à un gouvernement démocratique dont tout libéralisme est absent ».[9]

Friedman proposera des idées similaires. Il souhaite une économie de libre-marché, c’est-à-dire un système qui s’autorégule selon ses propres lois et où l’État n’intervient pas, sauf pour protéger le marché contre ceux qui voudraient contrevenir à ces trois « règles de juste conduite » (le respect propriété privée, le transfert par consentement et le respect des ententes). Le gouvernement a un rôle à jouer, mais ce rôle est très limité. Il dit lui-même dans une entrevue que le gouvernement devrait s’occuper uniquement de « l’armée, les cours de justice et quelques-unes de vos routes et autoroutes »[10].

Le néolibéralisme propose donc, en résumé, de réduire la taille de l’État, de le confiner à un rôle de « veilleur de nuit » (Nightwatch State) et de laisser le libre-marché faire le reste… tout le reste. Il fallait maintenant trouver le moyen de mettre ces idées en pratique.

La fin des années 70 et le début des années 80 seront le moment de gloire pour implanter les idées néolibérales, changer de nouveau le paradigme et modifier le paysage politico-économique. Ce seront les élections de Reagan (dont Friedman sera un conseiller économique, particulièrement à travers Rumsfeld) et de Thatcher (qui avait Hayek comme lecture de chevet, le recevait chez elle pour le thé et recevait de temps en temps des conseils sous forme de lettres) qui seront déterminantes pour le positionnement des idées et leur incarnation dans des politiques précises. Mêmes s’ils feront plusieurs choses, la gauche se rappellera d’eux surtout pour ceci : Reagan démantèlera la réglementation financière et Thatcher affaiblira substantiellement les syndicats. D’ailleurs, Hayek lui-même écrit à Thatcher lui indiquant qu’il fallait restreindre le pouvoir des syndicats, qu’il s’agissait même de l’enjeu le plus pressant, plus pressant encore que l’inflation (si vous saviez à quel point un tel discours est grave sous la plume d’un économiste… peu de choses au monde sont plus pressantes pour un économiste de cette époque que l’inflation, si ce n’est la stagflation). Quand Thatcher aura commencé à terrasser les syndicats en 79, Hayek dira que c’est « le plus beau cadeau qu’on pouvait lui faire pour son quatre-vingtième anniversaire »[11].

Pour dresser un portrait plus complet, il faudrait que je décrive le coup d’État du Chili, l’intervention du FMI en Pologne après la révolution de Solidarność et même le démantèlement de l’URSS et le coup d’État de Boris Elstine[12]. Mais je m’arrêterai ici pour la « leçon d’histoire ». Je vous invite à lire le livre de Naomi Klein (ou à visionner son documentaire éponyme) qui raconte très bien tout ceci et qui est très bien documenté.

Même nom, autre concept     

Même si l’histoire du néolibéralisme dans son sens premier s’arrête ici dans mon article, il reste une dernière chose dont je voudrais parler, et ce n’est pas la moindre : le sens du terme « néolibéralisme » a changé. Ce que nous nommons aujourd’hui « néolibéralisme » en envoyant ce mot dans la direction de Couillard, de Barrette et de tous les politiciens qui coupent dans les services sociaux et dans l’éducation et qui brandissent l’épouvantail de la dette ici et ailleurs n’est pas tout à fait ce dont parlaient Friedman et Hayek. Si l’on trouve injuste le laissez-faire, le néolibéralisme auquel on assiste chez nous paraîtra, à mon avis, à la fois pire et moins pire que le laissez-faire De Friedman et Hayek. Pire dans un sens idéologique et moins pire dans un sens pratique. Je commence par le moins pire.

Malgré la tendance à privatiser davantage, malgré les coupures, le filet social est encore là, même si ses mailles sont volontairement entaillées. Le Québec n’est pas encore devant un État qui a totalement perdu le composé « providence ». Ce n’est pas encore un État minimal, loin de là. En ce sens, les gens vulnérables, défavorisés et exploités ne sont pas encore laissés entièrement à eux-mêmes, il y a encore des structures pour leur venir en aide. Heureusement.

Le pire maintenant. Une des raisons pour lesquelles Friedman et Hayek visaient à réduire la taille de l’État était parce qu’ils voyaient en lui une trop grande concentration des pouvoirs. Ils savaient que le pouvoir corrompt (et que le pouvoir absolu corrompt absolument). Ce qu’ils semblaient ne pas voir (ou refusaient de voir) est le pouvoir que cela laissait pour les intérêts privés, surtout ceux agglomérés sous forme de sociétés d’actions. Mais, ce qu’on voit avec la plupart de ces politiciens sont des gens qui utilisent l’État au profit des intérêts privés. Au moins, le néolibéralisme de Friedman avait le mérite de pointer du doigt autant l’État qui subventionne les pauvres, les malades et les personnes vieillissantes que l’État qui subventionne les entreprises. Nous avons un gouvernement qui décide de moins subventionner les pauvres et les défavorisés et qui donne cet argent aux entreprises privées.

D’un point de vue idéologique, Friedman me semble au moins cohérent : chacun pour soi. Le néolibéralisme de pacotille des gouvernants semble avoir perdu le nord. Il n’est pas clair si ces politiciens –et ceux qui, dans les coulisses, financent et font mousser les campagnes de leurs candidats– adhèrent au néolibéralisme, mais, sachant que nous sommes dans une société avec un État-providence qui n’accepterait pas de se faire privatiser d’un coup, ils utilisent l’État pour y arriver lentement et aident les amis et leur classe au passage avec la structure qu’ils déconstruisent lentement; ou s’ils ont plutôt compris qu’il y avait un moyen de faire encore plus de profit que dans le chacun pour soi : avec ce que certains ont habilement nommé « la collectivisation des risques et des pertes et la privatisation des profits », choisissant les idées qui leur sont utiles et envoyant au diable la cohérence. Cette seconde option semble nécessiter ce filet social entaillé : d’un côté, pas trop défait pour éviter la grogne populaire et, de l’autre, suffisamment déchiré pour avoir des gens juste assez vulnérables ou endettés pour qu’ils se plient aux besoins de l’employeur, ne pouvant quitter leur emploi et ayant peu de pouvoir de négociation pour améliorer leurs conditions. On comprend peut-être mieux pourquoi Thatcher et Hayek voulaient, et bien d’autres aujourd’hui voudraient, voir les syndicats disparaître.

Dans mon prochain article, je répondrai à deux arguments souvent invoqués pour défendre le capitalisme de type néolibéral : l’idée qu’il est synonyme de démocratie et l’idée qu’il favoriserait une « évolution » rendant meilleurs les individus et la société.

Bibliographie

BOURNE, Ryan, Lady Thatcher’s Relationship with Friedrich Hayek and Milton Friedman, 10 avril 2013, in « Pieria » URL : http://www.pieria.co.uk/articles/lady_thatchers_relationship_with_friedrich_hayek_and_milton_friedman, consulté le 19 juin 2017.

GODDIN, Roger, Quelques éléments trop peu connus du néolibéralisme, 1er avril 2014, in « CADTM », URL : http://www.cadtm.org/spip.php?page=imprimer&id_article=10099, consulté le 19 juin 2019

GOODWIN, Michael et Dan BURR, Economix, la première histoire de l’économie en BD, Édition des Arènes, 2012

KLEIN, Naomi, The Shock Doctrine, Vintage Canada, 2008

KLEIN, Naomi, The Shock Doctrine  (2009), documentaire réalisé par Mat Whitecross et Michael Winterbottom

McWorther, John, When People Were Proud to Call Themselves ‘Neoliberals’, 30 mai 2017, in « The Altantic », URL : https://www.theatlantic.com/business/archive/2017/05/history-of-neoliberal-meaning/528276/?utm_source=atlfb, Consulté le 5 juin 2019

PIKETTY, Thomas, Le capital au XXIe siècle, Seuil, 2013

Articles sans nom d’auteur

Darwin (pseudonyme), L’histoire des lois du travail aux États-Unis, 23 septembre 2015, in « Jeanne Émard », section « Histoire », URL : https://jeanneemard.wordpress.com/2015/09/23/lhistoire-des-lois-du-travail-aux-etats-unis/, consulté le 19 juin 2017

Franklin D. Roosevelt, in « Wikipedia, The Free Encyclopedia », https://en.wikipedia.org/wiki/Franklin_D._Roosevelt, consulté en ligne le 19 juin 2017

Franklin D. Roosevelt : Campaigns and Elections, in « Miller Center (University of Virginia) », URL : https://millercenter.org/president/fdroosevelt/campaigns-and-elections, consulté le 19 juin 2017

Friedrich Hayek, in « Wikipedia, The Free Encyclopedia », https://en.wikipedia.org/wiki/Friedrich_Hayek, consulté en ligne le 19 juin 2017

New Deal, in « Wikipedia, The Free Encyclopedia », https://en.wikipedia.org/wiki/New_Deal, consulté en ligne le 19 juin 2017

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[1] Darwin (pseudonyme), L’histoire des lois du travail aux États-Unis, 23 septembre 2015, « Jeanne Émard », section « Histoire », URL : https://jeanneemard.wordpress.com/2015/09/23/lhistoire-des-lois-du-travail-aux-etats-unis/, consulté le 19 juin 2017

[2] Franklin D. Roosevelt : Campaigns and Elections, Miller Center (University of Virginia), URL : https://millercenter.org/president/fdroosevelt/campaigns-and-elections, consulté le 19 juin 2017

[3] John Maynard Keynes a non seulement révolutionné l’économie, l’économie politique et la forme de nos États contemporains avec ses idées sur l’intervention du gouvernement, mais il a aussi fondé le FMI après la Deuxième Guerre mondiale pour venir en aide aux pays en difficulté, justement pour éviter que les pays au bord du désespoir se tournent vers des idéologies radicales souvent violentes.

[4] Notons que c’est aussi pendant ces années que plusieurs gains seront faits au niveau des conditions de travail (la semaine de 40 heures, notamment).

[5] Oui, vous avez bien lu. Apparemment, cela se fait d’annuler une partie de la dette d’un État, contrairement à ce que ces pays qui en ont bénéficié ont dit à la Grèce…

[6] La question de l’endettement des États est un peu complexe, mais notons que cette période fut marquée par un endettement important mais qui était, en général, loin d’être « lourd » pour un État. D’une part, les États empruntaient en général à la banque d’État à des intérêts assez faibles (contrairement à aujourd’hui où les États empruntent aux banques privées à des intérêts bien plus élevés) et l’inflation était élevée (elle pouvait parfois atteindre 10% en France). Quand l’inflation est élevée, il en coûte moins cher de rembourser.

[7] La Société du Mont Pèlerin est un regroupement d’économistes, de philosophes, d’historiens, d’hommes d’affaire, etc. qui cherche à promouvoir, entre autres choses, le libre-marché.

[8] Ceci témoigne à la fois du paysage de l’économie (les idées d’Hayek n’étaient pas particulièrement bienvenues dans les contrées keynésiennes) et de la volonté de certains groupes de faire avancer leur « agenda ».

[9] GODDIN, Roger, Quelques éléments trop peu connus du néolibéralisme, 1er avril 2014, « CADTM », URL : http://www.cadtm.org/spip.php?page=imprimer&id_article=10099, consulté le 19 juin 2017

[10] Portion d’entrevue présentée dans le documentaire The Shock Doctrine  (2009), réalisé par Mat Whitecross et Michael Winterbottom .

[11] BOURNE, Ryan, Lady Thatcher’s Relationship with Friedrich Hayek and Milton Friedman, avril 2013, « Pieria » URL : http://www.pieria.co.uk/articles/lady_thatchers_relationship_with_friedrich_hayek_and_milton_friedman , consulté le 19 juin 2017.

[12] Pour faire court, le Chili fut un laboratoire pour tester les idées néolibérales sans s’encombrer de la démocratie : on utilisa la répression armée et la torture pour décourager toute résistance. La Pologne fut un autre genre de laboratoire : on put tester l’implantation d’idées néolibérales sans la violence physique. Le FMI utilisa simplement la dette du pays comme levier pour forcer la Pologne à vendre ses entreprises publiques au privé, souvent à des intérêts américains, « à rabais ». Le démantèlement de l’URSS fut le moment d’achever le bloc communiste. Les États-Unis ont réussi à pousser vers une transition brutale (avec tanks dans les rues) vers un capitalisme néolibéral plutôt que vers un capitalisme de type scandinave.